Circuit patrimonial

Circuit patrimoinial

Hôtel Jeanneau

Hôtel Jeanneau

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Après l’incendie de 1921 qui détruisit une partie importante du village de Sainte-Martine, Ulric Bergevin vend sa propriété à Éloi Primeau qui la vendra à son tour à M. Jeanneau. Ce dernier joindra l’hôtel Central à la maison Archambeault qui deviendra l’hôtel Queen.

En 1935, M. Jeanneau effectuera des réparations majeures et ajoutera une salle à l’hôtel.

Suite à un incendie en 1957, l’hôtel est détruit. M. Jeanneau construit l’hôtel sous la forme que l’on lui connaît actuellement.

Manoir Primeau

Manoir Primeau

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Occupant une place significative dans le paysage «primeauvillois», cette solide résidence d’esprit monumental anglais se démarque non seulement par sa structure imposante et ses murs en maçonnerie de pierre mais également par son toit aux versants symétriques garni de quatre lucarnes et de trois cheminées sur le faîte. Construite en retrait sur le boulevard Saint-Joseph au centre d’un grand terrain aménagé, cette maison à l’architecture sévère, propriété de plusieurs hommes d’affaires à la période industrielle, reste une pièce dominante du patrimoine urbain martinois. Son bâtisseur, Marc-Antoine Primeau, l’un des industriels les plus reconnus de la région au XIXe siècle, y est décédé subitement en 1856. À l’intérieur comme à l’extérieur, l’opulence de cette propriété s’impose dans plusieurs détails architecturaux :

Les portes intérieures du manoir sont de dimensions généreuses à la mode européenne avec les panneaux embrevés et les moulures appliquées. Les chambranles sont larges et minutieusement moulurées. La porte du vestibule avec son vasistas et ses lumières latérales vitrées (…) [et le] (…) magnifique manteau de cheminée, en érable teint, (…)[sont des témoins] (…) de l’habileté et du travail de qualité des artisans d’hier (BERGEVIN, 1998 : 54).

On approche des années 1850 et Marc-Antoine Primeau est à l’apogée de sa carrière. Il est un homme craint et respecté de tous, son pouvoir politique est considérable.

Il est devenu un grand propriétaire terrien. À part le fief du domaine de la Pêche au Saumon, il possède des terres partout dans la région. Trois cents arpents dans la concession sud de la rivière Châteauguay, plusieurs concessions en friche ou en culture dans Jamestown, et Georgetown et même des terres dans la concession de la Rivière-des-Fèves qui sont gérées par ses frères.

Il contrôle la production de la potasse, en louant des cuves, des brûleurs et des passes aux habitants. Il les oblige à lui vendre le produit fini dans des barils qu’il leur vend. De plus, comme il est propriétaire des rapides, sur la rivière Châteauguay, il se charge de l’assemblage des cages et radeaux, qui servent à l’expédition, vers Montréal, du bois de chauffage et de sciage bûché dans la région. Il a aussi de puissants amis tels le sénateur Louis Renaud, le roi du blé et les frères Masson de Terrebonne.

Lorsqu’il décide de se faire construire une maison de prestige, il commande alors à l’architecte Félix Morin de Montréal de dessiner les plans d’une maison de pierres de 46 pieds de largeur sur 36 pieds de profondeur sur trois niveaux. Ce projet, il y pensait depuis longtemps, puisque dès 1847, il avait confié au maçon Joseph Beaudreau de miner dans la rivière Châteauguay assez de pierres pour la construction de la maison et d’un moulin qu’il se proposait d’ériger en remplacement du vieux moulin du seigneur. À Joseph Cadot, un maçon du village, il demande de faire les blocs de coins ainsi que les quatre foyers qui seront installés dans la future maison, et ce, à partir de la pierre de la carrière du Sault Saint-Louis. Narcisse Taillefer, charpentier menuisier de Sainte-Martine fabriquera les 26 fenêtres, en deux battants et quatre volets avec jalousies. Le maître d’oeuvre sera Jean Bte Branchaud, maçon de Beauharnois.

En 1854, Marc-Antoine Primeau vient de compléter les travaux du chemin planchéié entre Sainte-Martine et le Sault-Saint-Louis. Or ce projet a été un fiasco financier. Les gens évitaient, par tous les moyens, le péage du droit de passage. L’entretien était très onéreux. Les financiers qui lui avaient prêté l’argent, pressent Marc-Antoine de les rembourser. À Louis Renaud, il cède ses terres de la rivière Châteauguay. Aux frères Masson, il signera des ogligations, donnant en garantie ses terres de Georgetown.

En 1856, Marc-Antoine Primeau décède dans sa belle maison. En 1865, la maison est vendue à l’enchère et deviendra propriété du plus bas enchérisseur, Julienne Patenaude, qui la vendra au sénateur Louis Renaud. Divers propriétaires se succéderont: les frères Hébert seront suivis de Napoléon Archambault entre autres.

Les demoiselles Primeau en seront les occupantes pour quelques années. À la suite de diverses actions légales par l’avocat Calder, époux d’une petite nièce de Marc-Antoine Primeau, la propriété sera laissée à l’abandon et achetée par la suite par James Dunn. Il y apportera certaines altérations qui changeront l’apparence de la maison.

Maison Archambeault

Maison Archambeault

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Ce terrain, avec la maison construite dessus, avait été concédé en 1848 à Francois Lauzon charpentier, par les propriétaires du Fief Primeau-Trottier. Le 19 mars 1851, ils font une déclaration solennelle pour signifier que plusieurs des terrains du Fief appartiennent à Primeau seul. Le 24 mars le contrat de concession avec François Lauzon est résilié.

En 1872, le propriétaire James McGowan, qui avait acquis du shérif le Fief Primeau, loue à Geoffroy Cédillot dit Montreuil tout le terrain contenu entre la rue du Manoir (aujourd’hui la voie ferrée) et le terrain de la cour de Circuit sur 190 pieds de profondeur avec une maison et une écurie.

En 1884, le propriétaire est Gilbert Brault hôtelier. Vers 1900, il vend le terrain et la maison à Napoléon Archambault. Ce dernier la cède à son fils Edmond, qui, de santé fragile, décède en 1906. Sa veuve, Olivine Gagnier, occupera la maison jusqu’à son décès en 1950.

Maison Bouchard

Maison Bouchard

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Munie d’une ossature de bois et d’un revêtement de briques rouges, cette opulente résidence rappelle le statut social de son constructeur. Arborant un type architectural très apprécié de l’élite francophone de l’époque, cette construction bénéficie d’une position avantageuse à proximité du vieux manoir seigneurial depuis la fin du XIXe siècle.

Cette maison (…) a été construite par l’épouse de Joseph Bouchard, Éliza Vallée, sur un terrain qu’elle avait acheté de Napoléon Duquette en 1892. La maison a peu changé depuis sa construction, si ce n’est que les colonnes tournées de la galerie, semblables à celles du balcon, ont été remplacées par des poteaux carrés. (BERGEVIN, 1998 : 57).

Parmi les détails architecturaux qui confèrent une personnalité distinctive à cet édifice, citons entre autres choses, la toiture en mansarde recouverte de tôle à baguettes, le riche appareillage de bois ouvragé et la crête de fer nichée sur le toit en pavillon à terrasse faîtière.

Historique de la maison

La famille Bouchard est établie à Sainte-Martine depuis la fondation de la paroisse. Le premier du nom est Michel Bouchard, marié à Philomène Senécal. Son fils Mathurin se marie en 1781 en premières noces à Josephte Palardeau. En secondes noces, il épouse Josephte Demers et enfin en troisièmes noces il épousera Élizabeth Gauthier. En 1838, il achète un terrain en face de l’église et y construit une maison où il tiendra une auberge.

Son fils Joseph, né en 1839, est régistrateur au bureau d’enregistrement de Montréal. Il épouse en 1862, Éliza Vallée qui, en 1892, achète un terrain de Napoléon Duquette et y fait construire la maison qui porte le nom de la maison Bouchard. Elle en sera propriétaire jusqu’à sa mort en 1933.

Son fils Raoul, bijoutier à Sainte-Martine épousera Hélène Thibert de Sainte-Philomène. À sa mort, en 1940, la maison devient la propriété de son fils Adrien. Adrien, demeuré célibataire, décède en 1958 et lègue la maison à sa nièce Thérèse Thibert, mariée à Gaétan Chenier. Après plusieurs années, la maison est vendue à Roland Boucher et les Chenier iront s’établir à Nominingue.

Aujourd’hui, le château Bouchard, dont l’état de conservation est assez remarquable, sert de résidence pour personnes agées.

Maison Edmour-Brault

Maison Edmour-Brault

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Originellement, une maison de ferme, sa construction remonte au milieu des années 1920. Cette résidence a eu peu de propriétaires au cours de son existence. Initialement, propriété de M. Edmour Brault, elle fut habitée longtemps par la famille Roland Loiseau, dans un premier temps à titre de locataire et, ensuite, à titre de propriétaire. Au fil des ans, l’intérieur de la demeure a été façonné selon les besoins et les goûts de l’époque, souvent par M. Loiseau lui-même. On lui doit, entre autres, les fenêtres avec leurs beaux vitraux ainsi que les boiseries intérieures. Une des particularités de la maison est sans aucun doute les quelques mille motifs qui ornent les différentes boiseries de la maison. Ces motifs, tous en aluminium, ont été créés par M. Loiseau, un fondeur de son métier.

Avant la mise en service de l’aqueduc municipal, le propriétaire de la maison était tenu d’approvisionner les voisins immédiats en eau à partir de son puits artésien.

En décembre 2001, M. Loiseau vendait sa propriété à madame Nathalie Hudon et monsieur Bertrand Hokgson. Depuis sa construction, la propriété a donc changé de main deux fois seulement.

Enfin, on notera sur la façade avant extérieure les reliefs d’un castor ainsi qu’une tête de lion sur le mur avant situé en retrait.

Maison François Gagnier

Maison François Gagnier

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Magasin Guillaume-Gagnier

Magasin Guillaume-Gagnier

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Ce terrain est une partie du lot 35. Il avait été vendu par Jacques Demers à Julien Cliche en 1835. Sans les documents pour le prouver, on croit que Jean Bte Cliche aurait vendu cet emplacement, de près d’un arpent en superficie, à un marchand de Sainte-Martine du nom de Pierre Damase Watier qui y a opéré un commerce jusqu’en 1848. On suppose que les affaires vont mal et il voit ses biens saisis et vendus par le shérif. Watier, comme Charles Bergevin, fils du Patriote, A. Duguay médecin et Étienne Caron, forgeron, se font cautionner par Narcisse Brunette. Ils s’engagent à aller tenter leur chance au Klondike. On n’entendra plus jamais parler de Damasse Watier, contrairement aux autres, qui reviendront au pays, riches.

Le shérif vendra la propriété à Jean Bte Cliche et les effets à recevoir aux associés F. et A. Gagnier. Cliche revendra la propriété à François et Alexis Macaire Gagnier avec bâtisses et magasin le 19 décembre 1852.

En 1865, les associés Gagnier ont eux aussi des troubles financiers. C’est Julienne Patenaude qui devient propriétaire du commerce. Elle le vendra à la banque Ontario, dont le directeur est Henry Starmes. En 1876, Starmes devient propriétaire du terrain et il le revendra à Antoine Hébert marié à la fille de Macaire Gagnier et de Julienne Patenaude.

Le 13 juillet 1881, Antoine Hébert vend la propriété à Guillaume Gagnier, qui est âgé de 23 ans, sur le contrat il est mentionné, avec une remise et une grange. Quand Hébert l’a acquis de Starnes, il était question d’une maison, mais aucune mention de maison n’est faite, dans cette vente à Gagnier qui ne paiera que 280 $, alors que Hébert en avait payé 400 $.

Pendant près de 50 ans, ce commerce de marchandises sèches, ustensiles, meubles, foin et grain, bien connu dans la région, a certainement connu la prospérité. Mais en 1935, Guillaume Gagnier devra emprunter 2 500 $ de son frère Léandre A. Gagnier, curé de la paroisse de Sainte-Philomène, en donnant son commerce en garantie. Mais Guillaume meurt dans la même année.

Le commerce sera opéré par les fils de Guillaume et, en 1936, les héritiers vendent la propriété, avec le fond de commerce, à leur frère Hervé qui a épousé Georgette Starr. Hervé emprunte 4500 $ de son beau-père, mais après deux ans d’opération, il revendra le commerce à Florian Beaudin, en prenant l’engagement de ne point opérer de commerce pour deux années. C’est la fin de la saga Gagnier à Sainte-Martine.

Maison Edouard-McGowan

Maison Edouard-McGowan

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Édifiée par une famille de marchand de père en fils, cette habitation cossue témoigne de l’attractivité du haut du village au début du XXe siècle. Avec sa toiture à deux versants accompagnée d’une tour et de pignons ainsi que son décor de bois tourné mécaniquement sur sa grande galerie, cet édifice reste un élément important du patrimoine domestique villageois.

À propos de la décoration intérieure de cet immeuble réparti sur trois niveaux, notons que :

[les] (…) magnifiques boiseries intérieures de cette maison démontrent (…) la minutie avec laquelle les artisans ont pu reproduire un travail que l’on ne retrouve plus aujourd’hui, (…) [tel que le montre le] (…) bel escalier, avec ses marches rondes, son poteau sculpté, son chapiteau tourné et les barreaux travaillés sur quatre faces. Il faut aussi remarquer le plancher, la porte avec ses panneaux moulurés et ses chambranles. (BERGEVIN, 1998 : 43).

Si la maison McGowan conserve certains éléments décoratifs d’origine, les rénovations apportées à ses ouvertures lui ont fait perdre beaucoup de panache ces dernières années. Cet édifice abrite, aujourd’hui, le CLSC et de nombreux bureaux de professionnels.

Maison Nolasque-April

Maison Nolasque-April

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La maison a été construite sur un terrain acquis de Stanislas Lazure par Toussaint Taillefer, maître menuisier. Il a élevé cette maison de pièces sur pièces et on reconnaît la marque de la famille Taillefer, dont les membres sont menuisiers depuis trois générations à Sainte-Martine. On les reconnaît par la fameuse grande lucarne bâtie sur la facade accompagnée d’une porte et d’une plate-forme entourée d’une balustrade à barreaux tournés. Il y avait aussi la galerie qui existait en 1909 et que l’on a malheureusement fait disparaître.

En 1884, Taillefer vend la maison à Edouard McGowan qui en fait donation à son fils Edmour en 1906. En 1916, à cause de la succession Edouard McGowan laissée vacante, Edmour son fils doit racheter la propriété du shérif. Il la cèdera à sa mère Cédia Mallette qui la laissera en héritage à l’épouse d’Edmour, Aurore Simon.

En 1921, Alexandrina Filion et son époux Michel Dupras qui ont un certain intérêt dans la dite propriété en deviendront les propriétaires. En 1928, la maison sera vendue par Alexandrina Filion à Régina Aumont, épouse de Nolasque April, directeur de l’École d’agriculture de Sainte-Martine, qui l’occupera jusqu’à son décès.

Maison Hospice Desrosiers

Maison Hospice Desrosiers

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En 1881, Stanislas Lazure vend un terrain partie du lot 35, situé sur la rue Saint-Joseph, à Charles Lefebvre. Deux ans plus tard, Lefebvre cède le terrain à Charles Bergevin, écuyer bourgeois, de Sainte-Martine. Sur ce terrain, il n’existe aucune construction comme il est mentionné au contrat.

En 1884, Charles Bergevin vend le terrain à Toussaint Taillefer, maître menuisier de Sainte-Martine et tout porte à croire qu’il y a construit la maison existante. En 1891, Taillefer cède la propriété au notaire Joseph Landry de Sainte-Martine. En 1892, James McGowan prête une somme d’argent au notaire, qui donne la maison en garantie. En 1897, Landry vend la maison à Cyrille Contant et après certains échanges, elle devient la propriété d’Angèle Branchaud qui la vend à Hospice Desrosiers, lequel opère un commerce florissant à Sainte-Martine.

En 1921, au décès de Hospice Desrosiers, c’est son fils Réal qui en est le propriétaire et laissera la maison en héritage à ses filles Claire et Madeleine.

Maison Jean-Baptiste Lazure

Maison Jean-Baptiste Lazure

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Cette maison est possiblement la maison de ferme du lot original. Il est difficile d’établir ce fait avec certitude, puisque chaque contrat mentionnait une maison et autres bâtisses sans en donner une description. En 1853, un contrat de vente mentionne une maison de briques, une grange, deux écuries et une remise. Cette mention suffit pour en établir l’origine puisque c’est la seule maison construite sur le lot 35 et la seule de briques dans l’environ. En 1883, Jean Bte Lazure a repris la ferme à la mort de son fils Stanislas, qui avail déjà vendu tous les terrains en bordure du Chemin de la Reine.

En 1884, Lazure vend à Dollard Picard, un cultivateur de Saint-Joachim, la partie sud de la terre comprenant les bâtisses. Ce dernier vendra la maison de briques et les bâtisses à Toussaint Mallette. En 1904, Mallette fait une donation de la propriété à Joseph Hébert et Joséphine Demers, son épouse. Il y vivra jusqu’à sa mort en 1935. Joséphine Demers habitera la maison jusqu’en 1952 et la vendra à Bernadette Hébert. Cette dernière vient de vendre sa propriété située près de l’église à la Congrégation des Antoniennes-de-Marie. Cette Congrégation est originaire de Rimouski. Les religieuses ont la charge des travaux domestiques et de l’entretien ménager de l’école d’agriculture de Sainte-Martine. Elles se proposaient de faire de la maison un juvénat pour leurs postulantes.

Maison David-Lyne

Maison David-Lyne

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Il est impossible d’établir le nom du premier proprétaire connu de ce terrain. Cependant, les documents consultés nous indiquent que Marc Antoine Primeau a acheté de monsieur Béique, en 1832, un terrain en bas du chemin de la Reine de 60 pieds de largeur sur 100 de profondeur, avec une maison et une écurie. Il est possible que la dite maison soit la maison de ferme originale de cette terre, en 1837 Primeau vend la maison au docteur et chirurgien David Lyne, qui l’échange en 1838 à Benjamin Girard tanneur de Sainte-Martine. Girard la cède à Joseph Lahaie tonnelier, et la propriété passe à Jean Bte Cliche qui la vend à Jacques Demers, boulanger. En 1861, Demers vend sa boulangerie à Georges Maurissette. Et en 1870 de Maurissette à Louis Lefebvre qui y gère une boucherie, et y construit une glacière qu’il remplira de glace en hiver, pour conserver la viande durant la saison chaude. En 1877, Denis Lefebvre fils de Louis vend la propriété à Euphrasine Paré veuve de Joseph Lefebvre. En 1898, c’est Alexandre Guay maçon qui la vendra à Charles Primeau et ce dernier à Charles Laberge.

À cause de son apparence ancienne, il aurait pu être possible que cette maison soit celle originale. En étudiant les registres de 1891, on constate que la valeur au rôle soit passée de 200 $ à 75 $. Ceci nous indiquerait que la maison originale ait été démolie pour faire place à la maison actuelle, construite par Charles Laberge.

Maison Antoine-Alexandre-Trottier

Maison Antoine-Alexandre-Trottier

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En 1823, Jacques Demers vend à Louis Gédéon Neveu un terrain de forme irrégulière de deux tiers d’arpent en superficie. En 1837, Neveu le vend à A. A. Trottier un marchand de Sainte-Martine associé à Marc-Antoine Primeau. Trottier y fera construire une maison par Toussaint Taillefer. En 1857, Trottier vend la propriété à Pierre Sainte-Marie et la revend à James McGowen qui la cède par la suite au notaire Lebrun en 1858. En 1909, la maison est à Hector Bernard et en 1921 à Julien Morand.

Palais de justice

Palais de justice

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Entre les années 1845 et 1855, Sainte-Martine connaîtra, grâce aux efforts de Marc-Antoine Primeau, le privilège de devenir le chef-lieu du comté et un endroit commercial prospère.

Si on retrouve à Sainte-Martine un grand nombre de marchands, c’est que les affaires devaient être prospères. II faut dire que durant cette période le commerce de la potasse était florissant.

Le bois de sciage que l’on coupe le long de la rivière Châteauguay et les plançons (billes de bois grossièrement équarries) sont acheminées vers le bas des rapides. Ensuite, ils sont mis en cages et expédiés vers Montréal pour y être chargés sur les bateaux en direction de l’Angleterre ce qui aide grandement le commerce.

Le Beach Ridge (La côte du hêtre) était aussi exploité pour son bois très en demande en Angleterre pour la fabrication des manches de faux, des rames de bateaux, etc.

Afin de maintenir ce degré de prospérité à Sainte- Martine, Marc-Antoíne Primeau propose au Conseil municipal du comté de Châteauguay de faire construire, à titre gratuit, un palais de Justice. Le Conseil municipal devra consentir à en faire le siège de la Cour de circuit, de la Cour sommaire et d’y tenir les sessions du Conseil.

Cette bâtisse à deux niveaux mesure 82 pieds de longueur sur 50 pieds de profondeur et comprend deux ailes, une pour le greffier et l’autre pour le registraire du Bureau d’enregistrement du comté de Châteauguay.

L’extérieur est lambrissé de planches imitant la pierre naturelle, recouvert d’un crépi mélangé à du sable. On peut voir encore aujourd’hui ce type de construction, avec toit à six lucarnes, dans la région de Québec. Avec son vestibule et ses colonnes, cette bâtisse devait avoir fière allure. À l’intéreur les murs sont lattés et crépis, certains murs, tels ceux de la salle d’audience et de la chambre des juges sont tapissés à la mode française c’est-à-dire recouverts de tissus de toile de colon et de soie. Toutes les boiseries sont peintes pour imiter le bois de chêne. Il y a aussi à l’intérieur, la chambre des avocats, le box des accusés et des témoins. Cette constructon était érigée sur le terrain voisin du site actuel de la maison Saint-Joseph. Dans ce nouvel édifice seront installés la Cour de circuit et la Cour primaire, de même que le Bureau d’enregistrement.

Les années passent, l’immeuble construit par Marc Antoine Primeau a pris de l’âge. Les officiers de justice, juges, avocats, huissiers, syndics et le registrateur se plaignent de l’état vétuste du vieil immeuble. Il est difficile à chauffer l’hiver et l’été on y étouffe. Les voûtes ne sont plus étanches et les documents qui y sont conservés souffrent de l’humidité et risquent d’être endommagés. Déjà en 1869, on y avait effectué d’importants travaux de rénovation.

En 1887, le Conseil Municipal du Comté de Châteauguay représenté par son préfet Antoine Hébert et son secrétaire William Creug, se portent acquéreur par échange d’un terrain partie du lot 240, propriété de William Marchand.

Ils font un marché avec Narcisse Taillefer, maître menuisier et entrepreneur de Sainte-Martine, pour la construction de la maison d’audience, pour loger le personel de la justice et de l’administration du comté. Elle sera construite suivant les plans et devis de Perrault et Morand, architectes de Montréal. Le coût du contrat sera de 15 000 $. Le seul extra sera pour l’entrepreneur de faire et poser à chaque fenêtre des jalousies et de les peinturer en vert, et ce, à la demande des occupants, qui prétendent que l’immeube sera plus frais l’été.

Au fil des ans, les Cours de justice seront transportées à Salaberry-de-Valleyfield, ne laissant à Sainte-Martine que le Bureau d’enregistrement du comté de Châteauguay.

Plus tard, le Conseil municipal de Sainte-Martine y aménagera ses bureaux. Après, ce fut la création du service de pompiers volontaires en 1926. On y construira une tour de séchage pour les boyaux d’incendie.

En 1933, l’Unité sanitaire des comtés de Châteauguay, de Napierville et de Laprairie y aura son siège social et occupera une partie du bâtiment. Cette unité, sous la direction du docteur J.A. Patenaude, rendra d’immenses services à la population de la région.

En 1994, grâce à une substantielle subvention, le Conseil municipal de Sainte-Martine se portera acquéreur de l’édifice et y effectuera des rénovations majeures. Aujourd’hui le rez-de-chaussé est occupé par le Bureau de la publicité des droits, circonscription foncière de Châteauguay. À l’étage, on y a installé la bibliothèque municipale. En juillet 1995, on assistait à la bénédiction officielle du Musée du Patrimoine de Sainte-Martine. Il est à souhaiter que ce musée devienne un lieu d’attraction très populaire dans la région.

Maison Charles-Mentor-Lebrun, notaire

Maison Charles-Mentor-Lebrun, notaire

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Il a été très difficile d’établir correctement le nom du constructeur de cette habitation. En 1836, Marc Antoine Primeau vient d’acheter de sa belle-mère les deux tiers du lot 36 ayant appartenu à Pierre Rousselle. Il divise le terrain en bas de la rivière Châteauguay en placements de 45 pieds sur 120.

En 1837, il vend à Joseph Bodro père, trois terrains de 45 pieds de largeur sur 375 pieds de profondeur bornés par le chemin de la Reine, à l’est par le lot 35 et à l’ouest par le terrain d’un dénommé Fortier.

En 1840, Bodro vend une partie de la propriété au notaire Charles Mentor Lebrun sur lequel il construit une maison de 40 pieds de largeur sur 30 de profondeur. Il est impossible de découvrir qui en a été le bâtisseur.

Lebrun a habité cette résidence jusqu’à sa mort en 1899. En 1909, la maison appartient à Hector Bernard et en 1921 à Julien Morand, rentier. Elle a aussi été occupée par la famille Bonnier, qui y a ajouté l’aile gauche.

Maison Pierre-Rousselle

Maison Pierre-Rousselle

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Bâtie en 1823 par l’un des premiers habitants du village, le colon Pierre Rousselle, cette québécoise ancestrale se distingue par son insigne état de conservation. Elle fut habitée par l’homme d’affaire M.-A. Primeau pendant près de vingt ans durant le deuxième quart du XIXe siècle, avant que celui-ci ne déménage dans son manoir du village d’en bas.

Cette maison de pierres est particulièrement représentative du modèle traditionnel d’inspiration québécoise, avec sa rigoureuse symétrie dans la distribution des fenêtres du corps principal, la position centrale de la porte, le toit à deux versants et sa couverture en tôle. (…) En façade, l’avant toit retroussé atteint une largeur de près de deux mètres. Soutenu par six colonnes de bois, il abrite une longue galerie ornée d’une balustrade à colonnettes. La maison Rouselle comprend trois corps de bâtiments qui, selon toute apparence, ont été construits à des époques différentes. Une pierre de taille où se lit la date 1823 surmonte la porte principale. La cuisine d’été remonte probablement à 1890, alors que l’appentis qui lui est attenant daterait de 1905. La façon dont on a rallongé la cuisine, par l’arrière, en relevant le versant du toit et en le prolongeant, est typique de mode d’extension des maisons traditionnelles au toit à deux versants. (…) Cette cuisine compte deux cheminées en brique servant à des feux fermés. Des deux cheminées percées dans les murs pignons de la maison, seule celle du côté sud demeure encore fonctionnelle. Il est intéressant de constater qu’outre les adjonctions, la maison n’a connu que peu de modifications. Ainsi, sept des fenêtres sont d’origine. Avec leurs deux vantaux et leurs 24 carreaux séparés de petit-bois, elles reprennent un motif traditionnel. Certains détails intérieurs sont caractéristiques de ces maisons d’autrefois : les plafonds très bas (pas tout à fait deux mètres) à caissons, l’escalier face à l’entrée et sous lequel une armoire est dissimulée, ainsi que l’appui-chaise qui fait le tour de la pièce principale. Le foyer de la cheminée encore fonctionnelle offre un bel exemple de décoration de bois sculpté où des pilastres s’ornent d’une fleur stylisée à chaque extrémité (ARCHAMBAULT, 1991 : 360-361).

Cette maison patrimoniale doit son nom à son premier habitant. Elle a été classée monument historique en 1974. Particularité intéressante à noter : elle possède deux façades, l’une donnant sur le cours d’eau, l’autre sur le boulevard Saint-Joseph.

Reproduction du contrat original pour la construction de la maison
Pardevant les notaires de la Province du Bas-Canada, résidant dans les Seigneuries d’Annfield et Châteauguay, soulignés :

Furent présents François Branchaud, Me Macon et entrepreneur demeurant en la Seigneurie d’Annfield d’une part.

Et Pierre Rousselle dit Sansoucie, traversier demeurant en la paroisse de Lachine d’autre part.

Lesquels ont fait ensemble le marché qui suit, savoir, que le dit François Branchaud s’oblige de faire et faire faire du côté sud de la rivière Châteauguay dans St-Féréole sur la terre du dit Pierre Rousselle et pour lui, les ouvrages suivants, savoir, une maison de pierres de trente pieds de large sur quarante pieds de long, d’y faire creuser et évider une cave de toute grandeur de la dite maison, de quatre pieds de profondeur en terre et qui aura trois pieds au dessus du rez du terrain ou hors de terre jusqu’au dessus des lambourdes; les murs seront assis en terre solidement et auront trois pieds d’épaisseur dans la cave ou d’épaisseur suffisante au dire d’experts pour la solidité de toute la maçonne, ainsi que les murs du restant du quarré qui aura onze pieds de haut depuis les lambourdes jusque sur la sablière et les pignons, quarrés de quatorze pieds d’équille avec des exhaussements pareils à ceux de la maison de M. Gilbert Leduc, du coteau St-Pierre, mais avec des consoles seulement devant, y faire une cheminée assise sur masse en pierre et foyer et de cinq pieds et demi de large dont l’ouverture du bas aura quatre pieds de haut, une autre cheminée de chambre assise sur masse en pierres et foyer et de trois pieds et demi d’ouverture en bas, dont les jambages et trous de tuyaux des dites cheminées seront de pierres taillées, et lesquelles cheminées seront cimentées avec du mortier de chaux et de fiante de vache en dedans, et seront d’hauteur suffisante au-dessus de la couverture une dans chaque pignon; avec de fausses cheminées, pour mettre les dites cheminées d’égale largeur dans chaque pignons au-dessus des dits pignons; faire un mur de réfente de dix-huit à vingt pouces d’épais dans la cave sur toute sa longueur avec une porte de trois pieds et demi de large faire et pratiquer de même largeur, une entrée de cave de dehors avec porte double, quatre petits soupiraux, avec chacun un petit chassis de trois verres de large sur un haut de cadres; faire et poser solidement six lambourdes de dix pouces chaque par le petit bout; les cadres d’une porte de devant; d’une autre dans un pignon, de quatre chassis devant de quatre derrière et d’un autre dans chaque pignon, chacun des dits chassis de six verres de haut et quatre de large, de sept sur huit; lesquels dits cadres de portes et chassis seront pareils à ceux de la maison de François Tessier, père, en outre deux autres cadres dans chaque pignons pour chassis d’un volet chaque; de trois verres de large et quatre de haut et d’un autre petit chassis dans chaque pignon, de quatre verres seulement chaque; d’y faire et pratiquer les embrasures de quatre armoires et des ouvertures; d’y faire un four joignant le pignon de la cuisine avec des ailes et un dossier au-dessus du quarré pour recevoir la couverture, le dit four en pierres et la couverture en planches et bardeaux; et avec une porte dans le fond de la cheminée de la cuisine, et dont le cadre sera de fer et la porte de tôle; une rainure en dedans des murs des pignons pour y entrer la couverture; faire et poser des baguettes aux coins des embrasures des ouvertures; le nombre de soliveaux nécessaire de sept pouces d’épais et onze pouces de haut et blanchis; les palatrages de cinq pouces d’épais et de largeur suffisante; le comble avec un entrait à chaque chevron et les autres pièces de bois nécessaires, couvrir la dite maison en planches séchées de lignées droite et jointe les unes contre les autres, et en bardeaux sains posés à quatre pouces et demi d’échantillon, faire et poser deux échelles chaque côté de la couverture que ledit entrepreneur peinturera et ainsi que la dite couverture; faire aussi deux échelles longues pour monter sur la couverture; deux dalles de toute la longueur de la maison et d’un morceau chaque de six pouces d’épais sur sept pouces et demi de haut, celle de devant avec des moutures et clouées solidement avec bonnes carvelles, et avec quatre dalleaux qui seront posés en descendant à la demande du et Pierre Rousselle; faire et poser le plancher d’en bas de madriers de deux pouces d’épais, six pouces de large et emboufté d’affleurement en dessus et à coupes perdues, celui d’en haut aussi de madrier, emboufté d’affleurement des deux côtés, plané et blanchi proprement en dessous, diviser ladite maison en cinq appartements, par cloison faites et posées avec du bois d’un pouce et demi d’épaisseur, embouftées et blanchis proprement et d’affleurement des deux côtés, faire et poser quatre portes d’assemblages à six panneaux avec leurs cadres doubles; des plinthes et appuis de chaise où il sera nécessaire, deux devants de cheminées, un escalier pour monter au grenier, entouré du haut en bas de l’appartement, en planches d’un pouce d’épaisseur embouftées et blanchis d’affleurement en dedans l’appartement avec une porte unie, faire et poser les boisures des armoires en bois avec leurs portes à panneau d’assemblage et leurs cadres; faire et poser les dix chassis de devant derrière et des pignons des six verres de haut et de quatre de large, à deux volets avec leurs cadres et jets d’eau, la porte de devant à six panneaux avec un vitrau au dessus celle du pignon aussi à six panneaux, les dites portes et chassis noyers dans leurs dormants, les chassis des pignons de trois verres de large sur quatre de haut avec leurs cadres et contrevents, les deux petits chassis des pignons, de quatre verres, avec leurs cadres, poser toutes les vitres, mastique, ferrure et clous qui devront entrer dans la dite bâtisse; resserrer les planchers et cloisons, six mois ou un an après qu’ils auront été posés suivant qu’il sera propice; tirer les joints en dehors de la dite maison et enduire en dedans de bon mortier, fournir par le dit entrepreneur tout la pierre brute, chaux, sable, bois de charpente et de menuiserie et des bardeaux qui entreront et doivent entrer dans la dite bâtisse, et de bonne qualité et sain; le bois des planchers, cloisons et ouvertures avec la moins de nœuds possible, mais toutes fois les nœuds petits et sains, faire toute la dite maçonne d’épaisseur suffisante pour la solidité et tous les dits ouvrages faits et parfaits à dire d’experts et livrables par le dit entrepreneur à la Saint-Michel de l’année prochaine en conséquence mettre et employer nombre d’ouvriers suffisants à cette fin.

Le présent marché ainsi fait à la charge par le dit Pierre Rousselle de fournir rendus sur la place de la dite bâtisse, la pierre de taille et taillée qui doit être employée, toutes les ferrures, les clous de toutes dénominations, les vitres, le mastique, et la peinture qui doit être employés dans les dits ouvrages tel que ci-dessus mentionné; et en outre pour et moyennant le prix et somme de sept mille cinq cent livres de vingt coppres ou chelins ancien cours, que le dit Pierre Rousselle s’oblige à payer au dit entrepreneur ou au porteur comme suit, savoir, deux milles livres à al Toussaint prochaine ou premier Novembre prochain, deux milles livres et plus si le dit Pierre Rousselle peut le faire, à fur et mesure et dans le cours de l’ouvrage, et le restant du prix aussitôt les dits ouvrages faits et livrés, excepté les enduits et repérages que ne doivent se faire que six mois ou un an après tel que cy depuis spécifié et qui ne pourront retarder le dit dernier payement, car ainsi promettant et y obligeant et y renonçant. Et pour l’exécution des présentes, les dites parties ont élu leurs domiciles en leurs demeures susdites, auxquels lieux y fait et payé en la dite Seigneurie d’Annfield en l’étude, l’an mil huit cent vingt deux, le seize du mois de septembre après midi et à al dit entrepreneur signé avec nous dits notaire le dit Pierre Rousselle ayant déclaré de ce le savoir faire ainsi que François et Jean-Bte Branchaud, fils du dit entrepreneur, à ce présente, du même lieu et qui s’obligent tous deux solidairement avec le dit entrepreneur leur père à toutes dites obligations, devait y travailler eux-mêmes, de ce en quis ont fait leurs marques après lecture faite.

JeanB. Branchaud
Pierre Rouselle
Frank Branchaud, fils
Ls. Sarault

Travaux de restauration de la maison Pierre-Rousselle au printemps 2003
Des travaux de restauration sur les façades est et sud du bas-côté de la Maison Pierre-Rouselle au printemps 2003 ont permis dans un premier temps de solidifier cette section du bâtiment par l’ajout d’une fondation en béton et dans un deuxième temps de remettre en état la maçonnerie. De plus, les fenêtres et portes de ces murs ont été remplacées. Un artisan s’est chargé de fabriquer des répliques des portes et fenêtres selon les normes de l’époque.

Le ministère des Communications et de la Culture du Québec a contribué financièrement à la réalisation de ces travaux.

Article sur l’histoire de la maison Pierre-Rousselle
Cette maison canadienne en pierre des champs est la plus ancienne des grandes demeures de Sainte-Martine. Son état de conservation remarquable lui a valu d’être classée monument historique le 10 septembre 1974. Tout d’abord, maison de ferme, elle servit d’auberge, d’hôtel, puis de maison de pension.Par Anyze Goyette

Comme l’indique la plaque commémorative au-dessus du portail, la construction de la maison Pierre-Rouselle remonte à 1823.

On doit la construction de cette solide demeure au traversier Lachinois, Pierre Rousselle, dit Sansoucie. Le 16 septembre 1822, devant notaire, il donne les directives de construction à l’entrepreneur et maître maçon François Branchaud. Il effectuera la besogne avec ses deux fils, François et Jean-Bte.

Le libellé très détaillé du contrat insiste à plusieurs reprises sur la solidité de la maçonnerie et la qualité des matériaux à utiliser. On peut lire, entre autres, que « la maison sera de trente pieds de large sur une quarante de pieds de long, d’y faire creuser et évider une cave de toute la grandeur de la maison, de quatre pieds de profondeur en terre et aura trois pieds au dessus du rez du terrain ou hors de terre jusqu’au dessus des lambourdes; les murs seront assis en terre solidement et auront trois pieds d’épaisseur dans la cave ou d’épaisseur suffisante au dire d’experts pour la solidité de toute la maçonne…».

Des années plus tard, la veuve du riche cultivateur, Louise Roy, cède la propriété, moyennant une rente, à Marc-Antoine Primeau qui a épousé sa fille Sophie en 1827.

Nommé juge de paix, postier puis élu maire de Sainte-Martine de 1855 jusqu’à sa mort le 9 octobre 1856, cet entrepreneur et marchand a marqué l’histoire de Sainte-Martine. En plus de participer à quelque mille transactions immobilières, à l’exploitation de la tannerie, à la construction de deux moulins à scie, il a obtenu la charte pour la route 138 et l’érection du pont sur la rivière l’Esturgeon.

On doit au couple la construction de la cuisine d’été. Les époux habitent la maison Rousselle jusqu’à la construction en 1854 du manoir Primeau de style dit Nouvelle-Angleterre.

Connu pour être dur en affaires et impitoyable avec ceux qui s’opposent à lui, Marc-Antoine Primeau refuse en 1854 de vendre l’habitation au curé Blyth avec qui il a eu de nombreux différends. L’ecclésiastique voulait en faire un collège.

Le 4 mai 1865, la demeure Rousselle, qui était encore en possession de Sophie Rousselle, est vendue aux enchères sur le perron de l’église pour 500 piastres.

Le nouvel acquéreur, l’hôtelier Étienne Caron, en fait une auberge et signe ainsi la nouvelle vocation de la demeure pour de nombreuses années.

De fait, plusieurs hôteliers lui succèdent, soit : la veuve Caron, Rose Mercier, Étienne Caron fils (1876), William Marchand (1883), Narcisse Dubuc (1900) et George Bouchard (1902).

À partir de 1906, l’habitation devient la maison de pension Ricard. Après la mort de son époux, Flore Dagenais, aidé de son fils mécanicien, prend la relève du commerce jusqu’en 1963. La maison de pension possède alors un garage avec station-service.

La maison, ensuite, est acquise par l’agent d’assurances, Raoul Tremblay, marié à l’actrice de théâtre et de télévision, Kate Tremblay, tous deux anglais d’origine, au Canada depuis 1947. Ils veulent en faire une auberge doublée d’un café.

On leur doit la restauration des planchers, des boiseries, de l’escalier, la réhabilitation des foyers et l’aménagement du grand salon qui était alors divisé en trois pièces, soit deux chambres et un salon.

Leur projet sera de courte durée. M. Tremblay se pend l’année suivante. En 1969, lorsque l’actrice vend sa propriété 40 000 $ elle doit toujours 12 000 $ à l’héritière de Flore Dagenais.

Ce sont les propriétaires suivants, Jane Woollcombe, secrétaire de profession et le photographe médical Robert Coppenrath qui font valoir auprès du ministère des Affaires culturelles du Québec sa valeur patrimoniale.

Dans le registre des biens culturels, on décrit le monument historique comme suit : « Maison de campagne en moellons avec cuisine d’été de même construction, de style dit à la canadienne. La maison mesure 42 pieds sur 30 pieds, et la cuisine d’été, 26 pieds sur 21 pieds. Le toit à deux versants avec larmiers est recouvert de papier goudronné, sauf sur le versant sud-est de la maison qui est recouvert de tôle à baguette. La maison a deux cheminées de pierres, une à chaque pignon, et la cuisine en a une en briques, au pignon nord-est.»

Le 14 mai 1976, la maison est vendue à Mireille Beaudoin, épouse de l’agent manufacturier Louis Paul Pérusse pour la somme de 82 000 $ dont 12 000 $ doivent toujours être versés à l’héritière de Flore Dagenais. Ces derniers n’y demeurent pas très longtemps parce que la dame n’aime finalement pas vivre dans une vieille maison.

Le 1er mai 1978, le directeur adjoint à l’Université de Montréal Guy Lavoie, se porte acquéreur de la maison. Finalement, il est celui qui rembourse en 1981 le 12000 $ plus intérêts à l’héritière de Flore Dagenais.

M. Lavoie vend aussi une bande de terrain à Irénée Primeau pour l’agrandissement de son épicerie. Il met ainsi fin au litige qui opposait M. Coppenrath et son épouse à M. Primeau et au ministère des Affaires culturelles du Québec. Pour s’opposer au projet, ceux-ci avaient invoqué le fait que l’immeuble de M. Primeau se trouvait dans l’aire de protection dudit monument et, par conséquent, était soumis à la Loi sur les biens culturels.

Parmi les améliorations apportées par M. Lavoie, il y a la restauration du plancher de la salle à manger et la rénovation du « bas-côté ». Pour garnir la cuisine, il achète des armoires du couvent des sœurs grises de Montréal. On lui doit aussi le toit rouge en tôle galvanisé (financé en partie par le ministère des Affaires culturelles).

De plus, il a puisé dans la rivière Châteauguay la terre nécessaire à l’assèchement de la partie marécageuse du terrain arrière. Aujourd’hui, la superficie totale du terrain est de 66 mille pieds carrés.

Devant quitter la demeure pour des raisons de santé, Monsieur Lavoie vend la propriété à Anyze Goyette et au consultant en informatique Yvan Pilon le 5 mai 1999.

E août 2000, la maison Rousselle sert de site de tournage pour quelques scènes du film québécois Mariage réalisé par Catherine Martin et produite par Lorraine Dufour. Ce film, dont le budget est de 1,8 million $, met en vedette Guylaine Tremblay, Raymond Cloutier, Hélène Loiselle et Marie-Ève Bertrand. Il relate l’histoire d’Yvonne qui, à vingt ans, voit sa vie divisée entre l’intensité vibrante de ses rapports avec la nature et l’austérité caractéristique de cette époque victorienne. Les tournages des scènes se font dans le salon et la chambre des maîtres à l’étage. Un balcon est construit à l’arrière pour les besoins du tournage.

En conformité avec la Loi sur les biens culturels, le couple obtient l’autorisation en 2002-2003 d’effectuer des travaux de consolidation de la fondation du bas-côté, la restauration de la maçonnerie et le remplacement des portes et fenêtres existantes par des répliques effectuées par l’artisan Rose. L’entièreté de la maçonnerie sera refaite dans les prochaines années, redonnant ancien toute sa splendeur d’origine à la vieille demeure.

Sources :

• La lecture des actes notariés
• BERGEVIN, René. Sainte-Martine de Beauharnois. Deux siècles d’histoire des familles 1795-1995. La corporation municipale de Sainte-Martine, 1994. 152 p.
• BERGEVIN, René. Sainte-Martine en images. La corporation municipale de Sainte-Martine, 1991. 171 p.

Maison Joseph-Fortier

Maison Joseph-Fortier

Coordonnées

Le 20 juin 1837, Marc-Antoine Primeau vend à Joseph Fortier un terrain sans bâtisse de 45 pieds de largeur sur 372 pieds de profondeur. Le 5 juillet le contrat est annulé. En 1843, Primeau vend le terrain à Joseph Proulx avec deux maisons érigées par l’acheteur. Proulx en demeure le propriétaire jusqu’en 1854. En 1874, c’est la veuve de Joseph Proulx, qui l’habite. Suivra par la suite Louis Laberge, cordonnier qui l’habitera jusqu’en 1921 et, après, la maison passe à Zénon Maheu aussi cordonnier.

Maison Duguay

Maison Duguay

Coordonnées

Louise Roy, à la mort de son mari Pierre Rousselle, en 1831, se fait construire une maison sur un terrain mesurant 60 pieds sur 120 pieds, faisant partie de la terre, et voisine de la maison de pierres.

En 1846, elle vend la maison à un médecin, Cléophas Bernard, qui achète de Marc-Antoine Primeau un lopin de terre mesurant 60 pieds sur 108 pieds situé derrière la maison qu’il vient d’acheter de Louise Roy. Il s’y fait construire une grange de 22 sur 28 pieds et une écurie de 18 sur 20 pieds.

Bernard vend la propriété en 1848 à Antoine William Noël-Duguay, médecin qui vient de s’établir à Sainte-Martine. Ce dernier s’associe avec le docteur Roger Daoust de Saint-Jean-Chrysostome, pour y fonder une clinique, mais l’association ne dure guère longtemps. Duguay, en 1852, va faire un long séjour en Californie comme chercheur d’or. Il donne procuration à Marc-Antoine Primeau pour administrer ses biens. Durant son absence, Primeau loue la maison à différents locataires.

À son retour d’exil en 1858, Duguay apprend la mort de M.-A. Primeau décédé en 1856. Il courtise la veuve Marie-Sophie Rousselle, héritière en usufruit de la fortune de Primeau. En 1859, ils s’épousent. Duguay vend alors sa maison à Étienne Caron. En 1865, Étienne Caron, qui a acheté du shérif les lots 241 et 242, vend à James McGowan, une partie du lot 241 comprenant le commerce fondé par le marchand Antoine Alexandre Trottier. Sur ce terrain, un magasin, une remise, et une écurie avaient été construits en 1837 par Toussaint Taillefer, charpentier de Sainte-Martine. Ce même Trottier avait été pendant huit années associé à Alexis Sauvageau, un marchand de Laprairie, lequel a été le développeur des lots 36 et 37 où sont situés l’église, le presbytère et une partie du village. C’est McGowan qui achètera la maison de Duguay.

James McGowan y établit un commerce florissant. À sa retraite, il cède les affaires à son fils Edouard qui gère le commerce avec beaucoup de succès. À la mort d’Edouard McGowan, l’entreprise incluant la maison Duguay, devient la propriété d’un monsieur Mallette, parent des McGowan. Les demoiselles Mallette occupent encore la maison.

Maison Ann-O’Kane

Maison Ann-O’Kane

Coordonnées

Construite vers 1832, cette maison servait à l’origine de logement et de magasin.

Nés en Irlande, Dominick McGowan et Ann O’Kane, son épouse, immigrent à Montréal en 1830. Après deux années, ils s’installent à Sainte-Martine et y établissent un magasin général. Ce commerce sera considéré longtemps comme le plus ancien établissement du comté de Beauharnois.

En 1839, Dominick McGowan meurt et laisse sa veuve avec cinq enfants. Non seulement a-t-elle réussi à donner une bonne éducation à ses enfants et à subvenir à leurs besoins, mais elle s’acquitte de toutes les dettes accumulées par son mari et transforme le commerce en une entreprise florissante.

Quatre de ses enfants sont décédés avant elle et un seul lui a survécu. À sa majorité, James a pris la relève de Ann et exploitera le commerce avec son fils Édouard, qui lui succèdera.

La saga de Ann O’Kane mérite d’être racontée. Une femme qui, durant les années 1840, dut se battre résolument et qui se fera remarquer pour sa grande générosité envers les plus démunis.

Pendant les chaleurs d’été et les froids d’hiver, voyages à Montréal pour s’approvisionner en marchandises n’étaient pas une sinécure. Il n’existait pas de train à I’époque et la charrette était le seul moyen de transport sur des chemins impraticables.

Cette femme remarquable mourut le 6 décembre 1897, en laissant un souvenir émouvant pour la postérité.

Maison Pierre-Duquette

Maison Pierre-Duquette

Coordonnées

Cette maison double a été construite en 1842 par Pierre Duquette, charrettier, sur un terrain de 56 pieds de largeur sur 75 pieds de profondeur, qu’il a acquis d’Alexandre Sauvageau. En 1847, il cède la propriété à Jean Bte Gariepy, cordonnier, qui a aussi été propriétaire de la maison voisine au numéro 146 de la même rue Saint Joseph.

Les propriétaires successifs de la maison Duquette ont été en 1850, Narcisse Brunet, marchand de Sainte-Martine et en 1870, Étienne Caron, hôtelier. Caron vendra à Francois Xavier Roy, sellier, qui y exercera son commerce jusqu’en 1890 et sera remplacé par Orphyr Dumas, aussi sellier.

En 1909, le propriétaire est Albert Raymond et, en 1921, c’est Louis Touchette entrepreneur peintre qui en est le propriétaire.

Maison Duquette

Maison Duquette

Coordonnées

Cette maison, récemment rénovée, a été la propriété de Pierre Duquette, qui l’a eue d’Alexis Sauvageau en 1843. Les propriétaires successifs ont été Jean Bte Gariépy en 1847, Toussaint Taillefer en 1857 et Louis L’Écuyer en 1861.

En 1864, la maison est occupée par un avocat de Montréal, Edward Truesdell, lequel la vendra en 1865 à Élie Simon Mazurette, notaire. Il a fait sa cléricature chez le notaire Aimé Beaudry de Sainte-Martine. Il a épousé Marguerite Lebrun, fille de Charles Mentor Lebrun aussi notaire de Sainte-Martine. En 1871, Mazurette quitte Sainte-Martine et vend la maison à François Durocher, boulanger. Par la suite, la propriété appartiendra à Antoine Hébert de 1891 à 1921.

LA MAISON EN 1916
Cette maison a été occupée en 1916, par une succursale de la Banque d’Hochelaga, et lors de la prise en main de la banque par la Banque canadienne nationale en 1920, elle occupera le même local. On remarquera le chemin de terre, les trottoirs de bois et l’accès par une plate-forme aussi en bois.

Maison John-Patton

Maison John-Patton

Coordonnées

En 1837 Alexis Sauvageau, propriétaire des lots 36 et 37, vend à John Patton, hôtelier de la cité de Montréal le terrain no 276, d’un arpent en superficie pour y construire une maison. On ne connaît pas la date du décès de John Patton. En 1850, la maison est au nom de ses héritiers légaux et est occupée par Pierre Valiquette.

En 1858 après plusieurs années d’occupation, et ce, sans apparemment avoir payé de loyer, madame veuve Patton loge un protêt par le notaire Lebrun contre Pierre Valiquette lui réclamant le loyer et le sommant de quitter la maison.

Après l’éviction de Valiquette, la maison sera vendue à James McGowan, qui l’agrandira pour la convertir en deux logements. En 1909, McGowan vend la moitié de la propriété à Jean Bte Taillefer et en 1921 c’est Frederick Touchette qui devient le propriétaire des deux maisons.

Le bâtiment a été rénové au début de l’année 2003.

Maison Marie-Sophie-Rousselle

Maison Marie-Sophie-Rousselle

Coordonnées

Au cours de mes recherches, un document a attiré mon attention. C’était un acte de vente passé devant le notaire Louis Sarault en date du 4 août 1827 par Alexis Sauvageau et Alexis Richard, associés, promoteurs immobiliers de Sainte-Martine. Un emplacement situé dans la mission de Sainte-Martine, de 68 pieds de largeur sur 120 pieds de profondeur, avec une maison de 38 pieds sur 28. Construite par Marie-Sophie Rousselle, épouse de Marc Antoine Primeau, marchande publique, faisant affaires sous le nom de M.S. Primeau. Il m’aura fallu beaucoup de patience et feuilleter de nombreux contrats pour découvrir l’endroit où était située cette propriété. Je l’ai découverte à l’étude d’un contrat signé le 3 mai 1831, par lequel Marie-Sophie Rousselle vend à Antoine Alexandre Trottier, un associé de son mari, la propriété mentionnée au contrat. C’était bien celle concernée ainsi que son site exact qui se trouve être le numéro 137 de la rue Saint-Joseph. L’addition du numéro 135 ne fait pas partie de la maison originale. En 1858, Gilbert Leboeuf y tiendra une auberge. En 1860, il louera la maison à madame Hélène Saint-Pierre, veuve du notaire J. Beaudry. Plusieurs personnalités de la paroisse habiteront cette maison au cours des années soit le numéro 135 ou encore le numéro 137. En 1884, c’est le notaire Joseph Landry et le docteur Joseph A. Cardinal. Joseph Doutre I’habitera en 1867 et la veuve de Damasse Touchette en 1891.

Hôtel Caron

Hôtel Caron

Coordonnées

En 1836, l’aubergiste Pierre Hébert reçoit d’Alexis Sauvageau le terrain avec une maison et une écurie. En 1843, Toussaint Taillefer y effectuera des travaux, tels recouvrir la maison en déclin, faire un solage en pierres et une galerie couverte.

En 1860 Pierre Hébert, loue l’hôtel à son fils André ou Adrien, et en 1870 André devenu propriétaire, vendra la propriété à son fils Antoine, qui vient d’épouser Ursule Gagnier, fille de Julienne Patenaude et d’Alexis Macaire Gagnier, régistrateur de Sainte-Martine.

En 1879, Antoine Hébert vend l’hôtel à Étienne Caron hôtellier de Sainte-Martine, et après son décès c’est son fils Philias qui hérite du commerce. En 1887, Philias Caron conclut un marché avec Pierre Dorais, menuisier de Sainte-Philomène. Il doit faire les ouvrages suivant les plans et devis: onze chassis, quatre portes extérieures, dix portes de chambre, une armoire et un comptoir dans la cuisine, diviser la maison suivant les plans, poser les corniches et les planches de la couverture; faire une galerie au deuxième étage, et une plate-forme sur le devant de la maison. Il doit aussi lever la maison et la couvrir en planches; monsieur Caron fournira les matériaux de construction. Pierre Dorais fera les travaux pour la somme de 400 $.

En 1895, l’Association libérale des hommes d’affaires de la province de Québec choisit Sainte-Martine pour la tenue de leur congrès annuel. Les hommes d’affaires viendront de Montréal en train. Un dîner aura lieu pour les officiers de l’Association à l’hôtel Caron, reconnu à l’époque comme le meilleur établissement hôtelier de la région. Dans l’après-midi se tiendra une fête champêtre dans le bocage. Il est difficile d’établir l’endroit exact de ce lieu. Peut-être était-ce le terrain de la Société d’agriculture?

En 1903, la veuve de Philias Caron, Josephte Lavigne, vend l’hôtel à André Roy. En 1909, Alphonse Quévillon en est le propriétaire et en 1921 la maison est occupée par Joseph Arsenault, restaurateur.

Vieille école du village

Vieille école du village

Coordonnées

Disposé initialement sur le terrain de la fabrique, cet établissement scolaire aurait été déménagé en 1895 sur son site actuel, dans le quadrant sud-ouest des rues Saint-Joseph et Saint-Pierre. En dépit de son âge vénérable, ce bâtiment à toit à pignon surmonté de deux lucarnes présente une authenticité architecturale assez élevée. À remarquer la toiture recouverte de tôle à baguettes, les fenêtres à battants à 6 carreaux, la galerie qui s’étend sur toute la façade avant et les petites cheminées qui ornent les deux extrémités du toit, caractéristiques des maisons de conception spécifiquement québécoise.

Église

Église

Coordonnées

Érigée selon les plans et devis de l’architecte Victor Bourgeau, cette église en pierre reprend un modèle utilisé en plusieurs occasions par ce professionnel de renom du XIXe siècle. Ce lieu de culte, issu de la tradition canadienne de l’architecture néoclassique, se caractérise principalement par la présence de deux tours jumelles, surmontées de hauts clochers.

[Ce modèle] (…) permet par la présence des tours de construire des murs latéraux plus longs et plus hauts, de créer ce portique dont on a dit qu’il était inspiré de Notre-Dame-de-Montréal. Ce système est certainement pratique pour donner le maximum d’espace à l’arrière de l’église, à des fins de circulation, tout en permettant d’accrocher un jubé (…). Très proche parent des planches publiées dans le Vitruvius Britannicus, il reprend les données palladiennes largement utilisées au XVIIIe siècle en Angleterre : notamment les arcs servant de portes d’entrée. Ce modèle était déjà connu et utilisé par les architectes qui avaient oeuvré avant Bourgeau. Alexis Milette avait utilisé ce système, quoique de façon plus grossière à Yamachiche, créant en 1830 un portique à trois sections au-dessus duquel se déployait un jubé. L’idée était sans doute familière à Bourgeau qui a dû cependant le perfectionner tout en restant assez proche de ce que présentait les livres de modèles (GAUTHIER, 1983 : 308-312).

Point d’ancrage de la socio-économie villageoise, ce monument de piété reste un gage de la prospérité paroissiale du siècle dernier. Il s’agit de l’un des monuments religieux d’envergure de la région. À remarquer les deux statues de bronze logées dans les niches de sa façade, d’un poids de près de 800 livres chacune.

Victor Bourgeau, architecte
L’architecte québécois Victor Bourgeau a conçu environ 200 édifices religieux entre 1840 et 1888, dont 22 églises en milieu urbain et des douzaines d’autres en milieu rural. Le plus extraordinaire est que cet homme qui allait modifier le paysage religieux du Québec n’a jamais reçu de formation, si on excepte son apprentissage dans l’atelier du sculteur Louis Quévillon. C’est peut-être aussi ce qui explique l’admirable simplicité de ses plans et leur remarquable facilité d’exécution.

D’abord sculpteur, puis constructeur et, enfin, architecte, Bourgeau conçoit sa première église en 1851 : c’est la très belle église néo-gothique Saint-Pierre-Apôtre, dont la construction se termine en 1853. L’église de Saint-Joseph de Rivière-des-Prairies est également dans ce style, tout comme l’église Saint-Joseph de Montréal.

Bourgeau allait également concevoir des édifices religieux de style baroque, par exemple l’église de Sainte-Rose dans l’île Jésus. On raconte que l’archevêque Ignace Bourget, influence déterminante sur l’architecture religieuse du XIXe siècle au Québec et qui appréciait beaucoup le travail de Bourgeau, fut pour beaucoup dans ce changement d’orientation. C’est que le style gothique était particulièrement apprécié par l’Église anglicane, et donc de plus en plus associé au protestantisme!

Particulièrement réputé pour la décoration intérieure de ses églises, Victor Bourgeau allait se consacrer à cet aspect de son métier au cours des dernières années de sa vie. L’exemple le plus probant est l’une des églises les plus fameuses de Montréal, qu’il a construite à partir de 1870 avec son associé Leprohon : la nouvelle Cathédrale de Montréal, rebaptisée cathédrale Saint-Jacques-le-Majeur, mais qu’on connaît aujourd’hui sous le nom de Marie-Reine-du-Monde. C’est également à partir de cette période que Bourgeau entreprend la rénovation de l’intérieur de la basilique Notre-Dame pour lui donner sa magnificence actuelle.

(Blais, Marie-Christine. La Presse, samedi 3 novembre 2001, p. J 5).

Presbytère

Presbytère

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Empruntant au style boomtown (ou boîte carrée), cette élégante construction de briques rouges est le troisième presbytère de Sainte-Martine. À noter les encadrements des ouvertures (linteaux de pierre taillée), les éléments ouvragés du couronnement de la toiture et le grand perron-galerie qui s’étend sur trois façades du bâtiment institutionnel.

Le premier presbytère était construit en moellons de pierres calées dans un mortier de chaux. Il servira longtemps de salle paroissiale. Il a été démoli en 1960. Les murs du deuxième étaient en pierre de taille qui avaient été minées dans le lit de la rivière Châteauguay, au domaine de la Pêche-aux-saumons. On peut voir les fondations de ce dernier au sous-sol du présent presbytère, construit en 1912 par Monseigneur Allard. Durant le temps des travaux, le curé Allard ira demeurer chez les religieuses du couvent.

Les murs du presbytère sont en bois lambrissé de briques. L’intérieur est fini avec goût. L’escalier principal et toutes les boiseries sont en bois de châtaignier qui, avec le temps, ont pris une riche patine. Le châtaignier, un bois de finition très en demande à l’époque, est aujourd’hui disparu de la région.

Cimetière de l’église

Cimetière de l’église

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Maison Paul-Lefebvre

Maison Paul-Lefebvre

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Paul Lefebvre, bedeau à l’église de Sainte-Martine, construit une maison vers 1840 sur un terrain qu’il achètera plus tard d’Alexis Sauvageau, comme c’était la coutume alors.

Le 17 mars 1858, Paul Lefebvre, qui demeure alors à Montréal, fera donation de la maison à sa soeur Marie. En 1874, c’est Louis Lefebvre père qui en est le propriétaire. En 1884, Louis Gagnier père, tailleur, y installera son atelier dans la partie qu’il fera construire au coin de la rue Saint-Paul, avec boutique et magasin. À son décès, son fils Diomède prendra la relève et occupera la maison jusqu’à sa mort il y a quelques années.

Couvent

Couvent

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Érigé pour la congrégation des Sœurs des Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie, cet édifice conventuel a contribué à la réputation éducationnelle du village d’en haut. L’Institut familial y a été logé jusqu’en 1970. Il abrite depuis 1974 une maison de retraite pour les religieuses de la communauté. En l’absence de réglementation appropriée, les rénovations maladroites des dernières décennies ont fait disparaître les fantaisies victoriennes d’origine (réf: Anciennes photos).

Historique du couvent : 

En 1895, les Soeurs de Sainte-Croix quittent Sainte-Martine où elles avaient oeuvré pendant cinq années. Elles avaient eu beaucoup de difficulté à couvrir leurs frais, n’ayant pas même recouvré les dépenses occassionnées par leur installation dans la vieille école.

La Commission scolaire se met à la recherche d’une communauté religieuse qui prendra charge de la construction d’un couvent et de l’ameublement, Le coût s’élève à 4230 $. Les commissaires s’engageraient à rembourser le prêt, sans intérêt sur une période de cinq années. Malheureusement, aucune institution financière n’accepte de leur avancer les fonds.

Après des recherches infructueuses, le curé Aubry, avec l’accord des commissaires, offre aux Soeurs-des-Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie de leur fournir les fonds pour la consruction d’un couvent, à la condition qu’elles investissent 2000 $. Ce qu’elles refusent.

Après de longues discussions et sous la pression du curé Aubry, les commissaires offrent aux religieuses la proposition suivante: l’usufruit d’un terrain de 90 pieds de large sur un arpent de profondeur, la somme de 5000 $ et le mobilier de deux classes.

Les religieuses acceptent et confient les travaux à J. D. Chabot. Les commissaires doivent emprunter, mais grâce à un legs de 2000 $ d’Étienne Blyth, ancien curé, un montant de 2000 $ fourni par les paroissiens et 1000 $ par souscriptions volontaires, ils réuniront la somme de 5000 $. Ce montant couvrira les frais de la construction et de rameublement. La maison sera prête le 7 septembre 1896.

Le couvent de Sainte-Martine recevra le titre d’Académie et plusieurs élèves obtiendront leur brevet d’enseignement, leur permettant d’aller enseigner partout dans les régions.

En 1920, monseigneur Allard propose de construire une nouvelle aile grâce à une subvention du gouvernement provincial. Les religieuses s’engagent à y enseigner I’économie domestique et autres travaux désignés, pour former de futures ménagères.

En 1970, I’lnstitut familial de Sainte-Martine doit fermer ses portes. En 1974, le couvent devient une maison de retraite pour religieuses. Le couvent a 100 ans.

Maison François-Doré

Maison François-Doré

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En 1837, ce terrain faisait partie de la terre de Michel Azure. En 1860, le terrain fut acquis par Jean Bte Desautels. Sur un contrat, on indique que sur ce terrain est construite une grosse maison de deux étages.

En 1872, François Doré est alors le propriétaire. En 1921, François Doré et son épouse Marie Bergevin font une donation entre vifs à leur fille Maria Doré, épouse d’Ovide Lemieux, forgeron. Ces derniers s’engagent à faire vivre les donateurs leur vie durant. De plus, ils leur cèdent la somme qu’ils ont reçue des Soeurs-des-Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie, pour la vente et l’échange d’une partie de leur terrain et la propriété numéro 96, rue Saint-Joseph. Un contrat à cet effet avait été rédigé en 1920.

Maison Basile-Vanier

Maison Basile-Vanier

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En 1835, Michel Azure, cultivateur et propriétaire du lot 38, vend à Charles Mantor Lebrun, notaire de Sainte-Martine, un lot de terre de 174 pieds de large, allant du chemin de la Reibe à la rivière Châteauguay. De toute évidence, le notaire y construira une maison qu’il revendra en 1852 à Dieudonné La Frenière ou Lafferrière. Ce dernier cède la propriété à son fils Gilbert Touchette en 1854, qui la vend à son tour à son fils Louis en 1859.

En 1863, Touchette vend à Norbert Vannier une partie du lot mesurant 60 pieds sur 100. Ce dernier est forgeron et il y installera une boutique.

En 1866, Touchette vend à Basile Vannier une partie de 114 pieds de largeur par la profondeur du chemin à la rivière. Ce Basile Vannier sera tour à tour instituteur et commis à la Fabrique, huissier et plus tard secrétaire-trésorier du Conseil municipal du comté de Châteauguay. Pendant plusieurs années, il sera secrétaire du Conseil municipal de Sainte-Martine. Il demeure propriétaire de cette maison jusqu’en 1891.

Maison Gilbert-Touchette

Maison Gilbert-Touchette

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En 1849, Pierre Lazure cède un terrain à Gilbert Touchette, forgeron. Il y construit une boutique de forge et une maison. Il vend la propriété à son fils Louis qui à, son tour, vendra le terrain et la maison à Norbert Vannier.

En 1864, Pierre Pitre achète le terrain et le vend à Étienne Caron, hôtelier de Sainte-Martine. Il le revendra à Norbert Vannier le même jour. En 1884, c’est encore un forgeron qui en deviendra propriétaire. Ensuite, ce fut le tour de Rock Primeau, qui sera suivi d’Alphonse Quévillon en 1891.

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